Biographie


Né en 4 mai 1955 et mort le 28 décembre 2015 à Dol-De-Bretagne, inhumé à Noyal-Pontivy son lieu de naissance Paul Le Jéloux est l'auteur de trois recueils (l'Exil de Taurus, 1983 ; le Vin d'amour, 1990 ; le Sang du jour, 2001) qui établissent l'originalité de sa voix. Paul Le Jéloux a été professeur de français langue étrangère et d'anglais, très attaché à la Bretagne et à la langue bretonne qu'il parla dès son enfance, Paul Le Jéloux a également manifesté un grand intérêt pour des poètes anglais et irlandais qu'il a traduits dans différentes anthologies, notamment David Gascoyne et Patrick Kavanagh.

Dans sa jeunesse, Paul Le Jéloux, avec son ami Jean-Louis Bouttes, a fait partie de l'entourage de Roland Barthes. On retrouve dans ses poèmes des souvenirs liés à des séjours marquants à Madagascar et en Irlande. Il a résidé longtemps en région parisienne puis, au cours des dernières années de sa vie, a vécu en Bretagne, successivement à Lanhélin puis à Dol-de-Bretagne. Sa poésie nourrie de légendes, de contes et de mythes, pose avec une grande richesse d'images la question de la situation spirituelle du monde moderne, au carrefour de l'héritage chrétien et des anciennes traditions païennes.

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Paul Le Jéloux nous a quittés le 28 décembre 2015. C’était un poète princier et un sourcier des mots. Dans ses textes, depuis ceux du premier de ses trois livres, tous parus aux éditions Obsidiane, L’exil de Taurus (1983) jusqu’aux derniers, publiés dans diverses revues, « tout est animé de grâce, d’ivresse royale, de vérité », comme il le dit dans son poème La forêt du mal (Le vin d’amour, 1990). Issu de la terre de Bretagne, de la matière de Bretagne, il y a été nourri de la magie des contes et des légendes et ce rapport au monde, fondé sur les émerveillements et les terreurs d’enfance, a fait de lui un enchanteur comme la poésie française contemporaine n’en a connus que peu. Un grand poème est un Eldorado, un pays de cocagne, c’est-à-dire l’inconnu, l’inespéré, l’île fortunée. Il rend visible le rêve et, inversement, enveloppe d’un épais mystère le familier. Chaque texte de Paul Le Jéloux accomplit ce double mouvement, nous prend par la main, avec tendresse et résolution, et nous emmène vers des rivages éclairés par une lumière venue d’ailleurs. Il se définit lui-même quelque part comme un « paysan de lumière » et du paysan, comme du porteur de lumière, ce dieu Eosphoros, peut-être, père des Hespérides, ses poèmes ont le charme et la puissance thaumaturgique. Mais la poésie de Paul Le Jéloux est aussi maritime que terrestre. On reconnaît immédiatement sa voix, sa musique, qui semble monter des profondeurs océanes du subconscient, où plonge l’art véritable, pour y trouver des perles élaborées dans le plus grand et intime secret. C’est une voix qui nous convie à des fêtes de liberté et d’émotions, de fééries et de joie reconquise et qui, pour tous ceux et celles dont la vie n’a de sens que comme chemin et exploration, comme ascension en soi et au-delà de soi, aussi, ira s’amplifiant et sera comme un vin aussi exaltant que consolant. Dans À deux amis qui ne se connaissaient pas (Le sang du jour, 2001), écrit à la mémoire de deux de ses amis les plus proches, Le Jéloux a ces mots qui pourraient servir de devise à toute son œuvre : « Que l’Arche d’or vous emmène loin, où les nuages ne brouillent rien, où déception, cendre ou meurtre ne pèsent pas. Ni la maladie. Dans l’asile des bienheureux et des libres. » Emmanuel Moses 

Texte Issu de la "Dix-huitième Secousse"

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